DANIEL… CHARLES… UNE RENCONTRE, UNE ŒUVRE

Au petit Lutetia Il était tard et tout le monde était en forme. L’alignement des astres était sûrement là, mais comme on le sait, le hasard n’existe pas. Comme toujours, les discussions de passionnés qui ne parlent pas que de leurs passions sont passionnantes. Nous étions en juin autour d’une table, Valérie Lhomme nous avait réunis et j’eus l’immense plaisir de rencontrer Charles Zana. Un dîner poétique et drôle, où le cœur des choses allait se faire comme sur le vol d’une plume, au fil des mots et des histoires racontées. A commencer par celles écrites par Amélie pour ses commanditaires, célébrant mariage ou divorce, avec l’humour et le détachement nécessaire qu’implique le sérieux de la tâche. Le ton était donné et Merrain le chêne « enchanteur » qui sert à fabriquer des tonneaux, fût, si je puis dire, l’invité de Charles. Le matériau ne quitte jamais l’architecte, c’est bien connu, et celui-ci porte toujours l’émotion de l’architecte quand il s’adresse aux hommes. L’histoire de Charles nous guida aux « Justes » à ces belles personnes et c’est avec émotion qu’il leur fit honneur. Un instant nourri de générosité d’écoute et de sympathie. On est parti alors dans cet élan et le mouvement de la danse est apparu comme sujet, un sujet qui fait sens et goût pour Charles, car une nouvelle passion. Tout cela nous a conduit à un ballet de rires, et dans ces allers-retours, les théories de la danse comme des béquilles fantomatiques, ont convié à notre table le chorégraphe Rudolf Laban. Le théoricien du Scattering/Gathering, créateur de la kinésphère et de la labanotation et je n’en dirai pas plus. Je découvris, alors, le large intérêt que portent la curiosité et l’appétit de cet homme collectionneur, de simplicités, d’idées, de formes, d’objets, de photographies et surtout du présent. Le présent, l’instant, comment peut-on collectionner le présent, si tant est qu’il puisse être un objet. Je pense à un agencement, comme dirait Deleuze dans le concept du Désir « vous ne désirez jamais quelqu'un ou quelque chose, vous désirez toujours un ensemble » et bien, avec Charles, c’est tout simplement comme ça, on dîne, on parle, on rigole et on forme un ensemble, un ensemble pour créer du désir. Je remercie aussi Valérie pour son élégance à faire ces ensembles, ces être-ensemble, à construire des concepts, comme si une architecture n’avait comme poids que la pensée qui la construit. Simplement à vous, merci, pour ce moment délicieux.

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