DANIEL FIRMAN (SUITE) CELA AUSSI ARRIVE


Daniel Firman

Un peu de technique Le silicone est une sorte de « pâte à tartiner » qu’il faut appliquer sans faire de bulles. Outre ce souci du bien faire, ce qui reste le plus compliqué est de conserver la forme de la partie moulée une fois appliqué. Cette matière qui copie la matière ne prend qu’une partie des informations. Elle se comporte comme un corps sans os qui n’a pas de tenu physique tridimensionnelle à partir d’une certaine échelle et d’un certain poids, le silicone a pour effet de s’effondrer sur lui-même. Pour résoudre ce problème il faut constituer une cage qui suspend avec justesse le volume. J’ai conçu (grâce à une de mes assistantes à qui je dois l’idée) un système que j’appelle les « cerceaux osseux », ce sont des demi-cercles en aluminium qui entourent le volume et qui le structurent. L’échec d’une empreinte peut se résoudre à un mauvais contrôle du volume structurant à la périphérie du corps à mouler. Malgré tous ces soins apportés à cette saisie, il arrive très souvent que les pièces échouent à l’édition. Pour la sculpture du danseur « Fernando » la partie centrale est à revoir à partir du point convergeant de toutes les pièces : le bassin. Le démoulage nécessite parfois beaucoup d’efforts pour sortir le modèle du moule ce qui entraine la déformation des cerceaux de façon imperceptible. Notre perception naturelle ne peut pas apprécier les subtiles déformations dans une forme en creux. Le cerveau n’a pas l’information mnémonique si un corps en négatif est juste ou pas. L’expérience peut vous indiquer des erreurs mais jusqu’à un certain point. Cette étape de reprendre une partie nécessite de rejouer la pose à partir de l’édition en cours en essayant comme il se doit d’organiser et différemment pour le mieux, les « cerceaux osseux ». Le temps présent (du remoulage) devra renouer avec un geste (chorégraphique) du passé pour une finalité d’une durée fixe celle de sa présence (sculpturale).

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